La dernière interview de Claude Maffioli

Publié le 02/11/2017
La dernière interview de Claude Maffioli

Dans le cadre de la célébration du 40è anniversaire de l’UNAPL, Claude Maffioli avait donné son point de vue sur l’évolution des Professions libérales.

Claude Maffioli, président de l’UNAPL de 2004 à 2007 : « Je ne conçois pas de véritable démocratie sans professions libérales »

Quel était le contexte politique quand vous êtes arrivé à la présidence de l’UNAPL ?

Le gouvernement préparait une réforme sociale et voulait modifier les règles de la négociation collective. Il souhaitait dynamiser le dialogue social, et modifier la hiérarchie des accords collectifs. Il était donc important que l’UNAPL se manifeste comme représentant des employeurs d’un secteur d’activité, pourvoyeur d’emplois. Nous avons attiré l’attention du gouvernement sur la difficulté que la transposition par la loi des accords nationaux pouvait présenter pour notre secteur d’activités s’il était tenu à l’écart des négociations. Nous n’avons malheureusement pas obtenu entière satisfaction.

Par ailleurs, le concept de régionalisation avait fait son chemin.

Quelles étaient alors les priorités et les objectifs de l’UNAPL ?

Nous faire connaître et nous faire reconnaître par les décideurs politiques comme acteur économique et social à part entière, vivier d’emplois, à fort potentiel de croissance, notamment dans des activités novatrices et attractives pour les jeunes générations. Au préalable, il fallait nous attacher à la définition des professions libérales. Alors que la Commission européenne préparait des directives susceptibles de toucher directement ou indirectement les professions libérales, il était impératif de défendre leurs valeurs, leur organisation, et leurs conditions d’exercice.

Renforcer l’attractivité des professions libérales auprès des jeunes supposait aussi faciliter leur installation sur l’ensemble du territoire.

Alors que l’UNAPL avait monté des structures régionales d’accompagnement des professionnels libéraux, les ORIFFPL, je souhaitais que leur intérêt soit pleinement reconnu et qu’elles soient véritablement soutenues.

Enfin, la recherche de l’équité fiscale a été un combat constant. Nous avions besoin d’allégements fiscaux, d’allègements administratifs, de facilités pour faire vivre nos entreprises.

Bref, il y avait matière à débats. J’ai voulu les Universités d’été de l’UNAPL qui ont été un lieu de rencontre et d’échange avec les politiques et acteurs de la société et qui nous ont permis d’avancer avec une vision dynamique et d’avenir des professions libérales. 

Depuis, quelle a été l’évolution de la situation des professions libérales ? 

Le statut de l’entreprise libérale a évolué grâce à plusieurs lois en faveur des petites et moyennes entreprises qui ont facilité la création et la transmission d’entreprise, créé le statut de collaborateur libéral, pour ne prendre que ces quelques exemples. L’entreprise libérale est désormais considérée comme une véritable entreprise, créatrice de richesses et d’emplois. Peu à peu, les décideurs politiques se sont rendu compte de l’importance économique, sociale et sociétale de notre secteur. Ce n’était pas gagné. Même si l’équité fiscale reste imparfaite et peut être menacée à tout instant, des avancées ont été obtenues.

Et puis surtout, il existe une définition des professions libérales, tant dans les textes européens qu’en France. C’est fondamental. Il faut constamment s’appuyer sur cette définition. 

Comment voyez-vous l’avenir des professions libérales ? 

C’est un secteur en mouvement qui a tous les atouts pour faire face à la modernité. De nouvelles professions indépendantes vont émerger.

Je ne conçois pas de véritable démocratie sans professions libérales.

Propos recueillis par Pierre-Yves Poindron pour l’UNAPL